“La terre est bleue comme une orange”, une exposition collective à découvrir à la galerie Praz-Delavallade jusqu’au 6 février
La galerie Praz-Delavallade débute la nouvelle année sur une note d’espoir en convoquant la couleur sous toutes ses formes. La terre est bleue comme une orange, une exposition collective, où toutes couleurs confondues prennent le pouvoir grâce à la sensibilité et la perception du monde de chacun des artistes invités.
Sous une apparente simplicité thématique, appréhender ce sujet nous impose à nous attaquer à un premier problème, celui de l’ambiguïté de cette notion de la couleur. Cette dernière nous apporte des informations sur le monde qui nous entoure et tout en même temps d’un vécu spécifique, autrement dit d’une propriété relationnelle d’une part et d’une expérience subjective d’autre part. Toute la difficulté consiste en cette position bancale et mitoyenne de la couleur.

On a spontanément en tête l’idée que sa perception passerait toujours par le filtre d’une certaine logique à l’œuvre, que les couleurs seraient une affaire personnelle : le daltonien serait un bon exemple du fait que nous ne les percevons pas tous de la même manière puisque dans l’histoire de la philosophie, d’Aristote à Descartes, aux philosophes des Lumières, la couleur a été au centre des discours artistiques desquels émergèrent une conception qui fixa une différence très forte entre les qualités premières (propriétés intrinsèques de l’objet) et les qualités secondes (purement subjectives), dont ferait partie la couleur. On peut néanmoins tenter de dépasser cette opposition entre couleur objective et couleur subjective selon laquelle il existe une disposition permettant la perception de la couleur par l’œil humain : son origine se situerait précisément dans la rencontre entre le regard et l’objet. “La couleur est un monde […] parce qu’elle possède sa propre profondeur, sa vibration et son rayonnement, son rythme, sa manière de s’adresser à nos tonalités affectives, parce qu’elle communique avec d’autres modalités perceptives, elle est une propriété toujours totale.” (Claude Romano, De la couleur, 2010).

Cette aventure de la couleur au sein de l’art contemporain depuis le carré blanc de Malevitch, les profondeurs d’un Rothko, la voile blanche d’un Shigeru Ban, l’outrenoir d’un Pierre Soulages ou le bleu IKB de Klein, ont participé à donner une identité forte à chacun de ces créateurs. L’art d’aujourd’hui n’échappe pas à la règle, «Cette soif insatiable de couleur est un besoin naturel, la couleur est une nécessité vitale, une matière première indispensable à la vie, comme l’eau et le feu» proclamait Fernand Léger. L’usage de la couleur devient la projection d’une subjectivité qui tend à déformer la réalité pour inspirer au spectateur une réaction émotionnelle. À chacun de trouver sa propre vérité et d’en voir de toutes les couleurs, «la terre est bleue comme une orange» aimait à rappeler à ses contemporains Paul Eluard.
René-Julien Praz
Les artistes exposés
Soufiane Ababri, Pierre Ardouvin, Pauline Bazignan, Matthew Brandt, Jim Isermann, Dan Levenson, Maude Maris, Golnaz Payani, Christine Safa, Marnie Weber, Brian Wills, Guy Yanai
[Source : communiqué de presse]
Articles liés

Alfred H dans “Drôle de Vie” au Point Virgule
Alfred a toujours aimé raconter des histoires, aujourd’hui c’est le moment d’en écrire une nouvelle avec vous. C’est après plus de 3 ans à jouer tous les soirs avec joie qu’il réalise qu’il a quand même une « Drôle...

Nuit Blanche 2026 : La sélection Artistik Rezo des événements à ne pas manquer !
L’édition 2026 de Nuit Blanche se tiendra le samedi 6 juin. Une nuit d’expériences culturelles à vivre aux quatre coins de la capitale avec des installations et évènements artistiques proposés dans les musées, lieux culturels et espaces publics. Après...

Le collectif DRAMA DISCO revient avec une soirée sur le thème de Twin Peaks à La Java
Le 29 mai prochain, on sera super contents de vous retrouver à la Java pour un nouvel opus ! On sera ravis d’inviter Endrik Shroeder et Mystery kid pour l’occasion. Prêts pour une nuit dans la black lodge ? ...






